mercredi, novembre 30, 2005

Retour a Hanoi

En descendant sur le Vietnam, changement de decor : la chaleur nous surprend, la vegetation s etoffe pour devenir tout a fait tropicale, le soleil cogne.
A la frontiere, nous ne sommes pas les seuls. Des marchandes vietnamiennes venues revennant du marche chinois attendent leur tour par centaine en poussant leurs lourds velos. L'atmosphere est tendue, elles s'enervent et crient tout en essayant de manoeuvrer leur chargement, sur un velo qui n'en a plus que le nom : plus de pedalier, plus de chaine, un cadre renforce de metal et de bois, pour supporter un chargement qui doit atteindre deux a trois cents kilos. Pour une fois nos velos nous semblent bien legers !

Apres avoir traverse la riviere qui separe les deux pays, nous decouvrons un nouveau pays : nous apprenons a dechiffrer une autre langue, guere plus facile que le chinois. Nous goutons aux nems et au jus de canne a sucre frais, vendus dans les nombreux cafes qui bordent les petites routes calmes. En revanche, nous faisons l'impasse sur les larves de guepes, et sur la "thit cho". Cette specialite vietnamienne meriterait plutot le nom de Hot Dog, puisqu il s agit tout simplement de chien grille !!!
Un soir, nous mettons la tente dans la cour d'une maison. Mais la police, comme par enchantement, fait son apparition, et nous dit qu'il est interdit de camper. Nous devons dormir a l'interieur d'une maison, ou dans un hotel habilite. Le jeune couple nous accueille alors dans sa maison pour la nuit.
Surprise : les hommes et les femmes, meme maries, ne dorment jamais ensemble. Le pere de famille a l'air de beaucoup aimer Brieg, qui du coup n'est pas trop motive pour partager son lit ! Il faut pourtant se plier a la tradiion, et nous dormons separes, mais pas seuls, puisqu'Elise dort avec la mere et Brieg avec le pere. Ils ont a peu pres notre age mais sont deja maries, avec un grand garcon, ont deja leur maison, leurs cochons... Ici les jeunes se marient tot, chaque week end nous croisons une dizaine de corteges.
Le lendemain Brieg est malade, a cause d'un parasite attrape dans la nourriture malgre toutes nos precautions. Les derniers kilometres jusqu'a Hanoi sont fatiguants pour lui. Heureusement nous roulons desormais sur du plat du matin au soir, un vrai bonheur.

Objectif Hanoi : consultation medicale, repos, et par dessus tout et pour une fois sans restriction budgetaire : bonne bouffe !
Nous y retrouvons notre ami suisse Olivier, qui arrive tout droit de Chine avec une piece de rechange achetee la-bas specialement pour nous depanner.
Nous partons visiter la magnifique baie d'Halong en bateau, puis continuons notre route vers le Sud. Sur la route principale la circulation est tres dense, il faut etre vigilant, car les bus kamikazes doublent dans tous les sens.
En quelques jours nous atteignons la cote, et trouvons une petite chambre a vingt metres de la plage. Apres huit mois de voyage loin de la mer, nous sommes heureux de sentir a nouveau l'air marin, le sel et le vent. Nous ne nous lassons pas de regarder la mer et les vagues pendant des heures.
Malgre ce reconfort, la sante de Brieg se s'ameliore pas vraiment. Une nouvelle poussee de fievre nous amene a prendre une decision : continuer, en sachant que le prochain hopital correct ne sera qu'a Bangkok, ou retourner a Hanoi. Bien que nous ayons horreur de revenir sur nos pas, nous optons pour la deuxieme solution qui est la plus sage. Nous embarquons dans un camion puis un train pour la capitale. En chemin, notre train percute une moto. Les deux passagers, etendus de chaque cote des wagons, sont probablement tues sur le coup. Cela nous laisse pensifs. Dans ces pays a forte densite, il y a beaucoup de risques et peu de secours d'urgence. La circulation est une jungle ou regne la loi du plus fort.

De retour a Hanoi le medecin se veut rassurant, mais confirme que nous avons pris la bonne decision. Brieg a vraissemblablement contracte une "fievre thierse", une forme begnine de paludisme. Un traitement antibiotique et quelques jours de repos devraient en venir a bout.
Nous sommes donc de retour a Hanoi, en sejour force, en attendant une amelioration prochaine. Nous sejournons dans le vieux quartier, au son des milliers de milliards de scooters.