Les gringos a Cuzco
Entre Lima en Nazca, nous avons longe la cote desertique par la Panamericaine. La route est bordee de tas de gravats sur des centaines de kilometres, comme si le pays tout entier etait un grand chantier a l abandon. Les dunes servent de decharges a ciel ouvert. Nous visitons la peninsule de Paracas, site important du patrimoine archeologique et naturel du Perou. Nous y decouvrons les pelicans qui attendent avec gourmandise le retour des pecheurs.
En reprenant la route principale, nous rencontrons un cycliste d une vingtaine d annees qui vit dans la prochaine ville. Dan nous invite a dormir chez lui. Nous le suivons, ravis. Finalement, on nous installe dans un cabanon au fond du jardin et sa mere nous demande le meme prix qu une chambre d hotel. Sachant que le salaire moyen est de six euros par jour, nous acceptons de payer pour son hospitalite. Il est de toutes facons tres difficile de trouver un endroit ou planter la tente, car il n y a aucun jardin, et les gens se barricadent derriere leurs murs surmontes de clotures...parfois meme electrifiees ! Dan repare les velos du quartier, mais ce travail, cette vie, ne semblent pas lui plaire. Il reve de voyager, ou au moins de partir pour trouver un autre travail ailleurs. Il pose une question a Brieg qui n est pas sur de bien comprendre et appelle Elise a la rescousse. Dan reformule sa question, qui est bien claire : il veut monter sur son velo et venir avec nous, des le lendemain matin. Jusqu ou ? Peu importe, ailleurs. Jusqu en France, ou avant s il trouve du travail. Oups, ben, c est-a-dire, en fait, euh, NON ! Un voyage a trois, ce n est pas trop prevu comme ca ! Dan a un bon velo, certes, mais il n a pour seul bagage que son envie de partir, ou de fuir. Son voeu est bien legitime, mais il n a pas du tout les pieds sur terre, et nous repartons le lendemain, a deux.
Avant d atteindre Nazca, nous montrons tous les deux des signes de faiblesse. Arrives en ville, direction l hopital pour consulter un medecin (voir blog precedent). Nous restons plusieurs jours a nous reposer, et en profitons pour aller voir les fameuses "lignes de Nazca".
Et puis, c est parti, on attaque la cordilliere des Andes ! Au programme du premier jour : 1800 metres de denivele, et ca n est pas fini. Nous grimpons a notre rythme. Plus on monte plus la respiration est difficile, accompagnee parfois d un leger mal de tete. L altitude est grisante, et meme sous un orage de grele, nous pedalons dans la bonne humeur. Autour de nous s etend la pampa. De grandes etendues quasiment plates, sur lesquelles poussent de hautes herbes seches dont se regalent les vigognes. Gracieuses, elles sont elevees pour leur laine, qui est destinee aux pays riches. Ici, elle se negocie a 500 dollars le kilo !
Juste avant le col a 4200m, nous nous arretons dans un petit hameau. Une case en paille nous sert d abri pour la nuit. Elle servait d ecole, pour quatre eleves, et maintenant les femmes y entreposent la laine de mouton dont elles feront des pulls. Dans l unique restaurant, une jeune fille nous demande de l aide pour un excercice d anglais. Nous faisons ainsi sa connaissance. Elle sort son petit globe terrestre pour que Brieg lui montre ou se trouve la France, et le chemin que nous avons parcouru depuis.
Le lendemain nous passons le col et decouvrons derriere de nouveaux paysages. Les vallees cultivees sont d un vert tendre de toute beaute. Vetues de couleurs vives sur lesquelles dansent leurs longues tresses noires, les indiennes surveillent leurs troupeaux de moutons ou de lamas.
Malheureusement, elles sont souvent aidees de chiens qui s exitent des que l on passe trop pres d une bete. Chaque jour nous devons poser le pied a terre, crier pour s imposer face a eux, ou leur lancer des pierres. Un jour, nous nous arretons dans une station essence (pour faire le plein du rechaud, pas des velos !). Brieg s avance a la recherche du pompiste, il trouve en echange deux chiens de garde bien decides a jouer leur role. Brieg prend ses jambes a son cou en hurlant. Un des chiens a tout de meme le temps de lui froler le mollet avant qu il ne sorte de la cour.
Dans une enieme montee, nous posons la tente derriere un petit restaurant qui est la seule habitation a des dizaines de kilometres. La carcasse d un petit alpaca seche au soleil, plus loin a lieu le decoupage d un mouton. Les vieilles nettoient les boyaux pendant qu un fillette, du haut de ses trois ans, recupere le sang rubis dans un grand saladier. Le vent souffle en tempete toute la nuit, ce qui fait chuter la temperature. Heureusement la famille nous a prete des peaux de moutons et de grosses couvertures en laine. Nous n avons pas froid, malgre la glace qui s est formee sur la tente !
Au reveil le vent est toujours aussi fort, ce qui nous pousse a embarquer dans un camion, pour ne pas rester bloques la.
Plusieurs jours ensoleilles et plusieurs nuits froides plus tard, nous arrivons dans la ville d Abancay, une fois de plus, malades. Il semble que nous ayons ete mal soignes a Nazca, et nous sommes bons pour une nouvelle cure de sommeil et d antibiotiques.
Apres quelques jours de repos supplementaires a Cuzco, nous nous sommes sentis d attaque pour aller voir la merveille du pays, si ce n est du continent sud-americain : le Machu Picchu. Nous sommes partis a pied dans la nuit pour voir le jour se lever sur les ruines de la cite sacree. La beaute du site fait oublier son prix exorbitant.
A present de retour a Cuzco, ville magnifique ou se melent vestiges incas et architecture coloniale, nous nous aprettons a remonter sur nos bicyclettes en direction du lac Titicaca puis de La Paz.
En reprenant la route principale, nous rencontrons un cycliste d une vingtaine d annees qui vit dans la prochaine ville. Dan nous invite a dormir chez lui. Nous le suivons, ravis. Finalement, on nous installe dans un cabanon au fond du jardin et sa mere nous demande le meme prix qu une chambre d hotel. Sachant que le salaire moyen est de six euros par jour, nous acceptons de payer pour son hospitalite. Il est de toutes facons tres difficile de trouver un endroit ou planter la tente, car il n y a aucun jardin, et les gens se barricadent derriere leurs murs surmontes de clotures...parfois meme electrifiees ! Dan repare les velos du quartier, mais ce travail, cette vie, ne semblent pas lui plaire. Il reve de voyager, ou au moins de partir pour trouver un autre travail ailleurs. Il pose une question a Brieg qui n est pas sur de bien comprendre et appelle Elise a la rescousse. Dan reformule sa question, qui est bien claire : il veut monter sur son velo et venir avec nous, des le lendemain matin. Jusqu ou ? Peu importe, ailleurs. Jusqu en France, ou avant s il trouve du travail. Oups, ben, c est-a-dire, en fait, euh, NON ! Un voyage a trois, ce n est pas trop prevu comme ca ! Dan a un bon velo, certes, mais il n a pour seul bagage que son envie de partir, ou de fuir. Son voeu est bien legitime, mais il n a pas du tout les pieds sur terre, et nous repartons le lendemain, a deux.
Avant d atteindre Nazca, nous montrons tous les deux des signes de faiblesse. Arrives en ville, direction l hopital pour consulter un medecin (voir blog precedent). Nous restons plusieurs jours a nous reposer, et en profitons pour aller voir les fameuses "lignes de Nazca".
Et puis, c est parti, on attaque la cordilliere des Andes ! Au programme du premier jour : 1800 metres de denivele, et ca n est pas fini. Nous grimpons a notre rythme. Plus on monte plus la respiration est difficile, accompagnee parfois d un leger mal de tete. L altitude est grisante, et meme sous un orage de grele, nous pedalons dans la bonne humeur. Autour de nous s etend la pampa. De grandes etendues quasiment plates, sur lesquelles poussent de hautes herbes seches dont se regalent les vigognes. Gracieuses, elles sont elevees pour leur laine, qui est destinee aux pays riches. Ici, elle se negocie a 500 dollars le kilo !
Juste avant le col a 4200m, nous nous arretons dans un petit hameau. Une case en paille nous sert d abri pour la nuit. Elle servait d ecole, pour quatre eleves, et maintenant les femmes y entreposent la laine de mouton dont elles feront des pulls. Dans l unique restaurant, une jeune fille nous demande de l aide pour un excercice d anglais. Nous faisons ainsi sa connaissance. Elle sort son petit globe terrestre pour que Brieg lui montre ou se trouve la France, et le chemin que nous avons parcouru depuis.
Le lendemain nous passons le col et decouvrons derriere de nouveaux paysages. Les vallees cultivees sont d un vert tendre de toute beaute. Vetues de couleurs vives sur lesquelles dansent leurs longues tresses noires, les indiennes surveillent leurs troupeaux de moutons ou de lamas.
Malheureusement, elles sont souvent aidees de chiens qui s exitent des que l on passe trop pres d une bete. Chaque jour nous devons poser le pied a terre, crier pour s imposer face a eux, ou leur lancer des pierres. Un jour, nous nous arretons dans une station essence (pour faire le plein du rechaud, pas des velos !). Brieg s avance a la recherche du pompiste, il trouve en echange deux chiens de garde bien decides a jouer leur role. Brieg prend ses jambes a son cou en hurlant. Un des chiens a tout de meme le temps de lui froler le mollet avant qu il ne sorte de la cour.
Dans une enieme montee, nous posons la tente derriere un petit restaurant qui est la seule habitation a des dizaines de kilometres. La carcasse d un petit alpaca seche au soleil, plus loin a lieu le decoupage d un mouton. Les vieilles nettoient les boyaux pendant qu un fillette, du haut de ses trois ans, recupere le sang rubis dans un grand saladier. Le vent souffle en tempete toute la nuit, ce qui fait chuter la temperature. Heureusement la famille nous a prete des peaux de moutons et de grosses couvertures en laine. Nous n avons pas froid, malgre la glace qui s est formee sur la tente !
Au reveil le vent est toujours aussi fort, ce qui nous pousse a embarquer dans un camion, pour ne pas rester bloques la.
Plusieurs jours ensoleilles et plusieurs nuits froides plus tard, nous arrivons dans la ville d Abancay, une fois de plus, malades. Il semble que nous ayons ete mal soignes a Nazca, et nous sommes bons pour une nouvelle cure de sommeil et d antibiotiques.
Apres quelques jours de repos supplementaires a Cuzco, nous nous sommes sentis d attaque pour aller voir la merveille du pays, si ce n est du continent sud-americain : le Machu Picchu. Nous sommes partis a pied dans la nuit pour voir le jour se lever sur les ruines de la cite sacree. La beaute du site fait oublier son prix exorbitant.
A present de retour a Cuzco, ville magnifique ou se melent vestiges incas et architecture coloniale, nous nous aprettons a remonter sur nos bicyclettes en direction du lac Titicaca puis de La Paz.

<< Home